Asphyxie érotique

L'asphyxie érotique sert à désigner le fait de priver le cerveau d'un partenaire ou de soi-même d'oxygène dans l'objectif d'en tirer un plaisir sexuel.



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BDSM - Pratique sexuelle

L'asphyxie érotique sert à désigner le fait de priver le cerveau d'un partenaire ou de soi-même d'oxygène dans l'objectif d'en tirer un plaisir sexuel. Cette pratique est aussi nommée «asphyxiolophilie», «asphyxie autoérotique», jeu du foulard ou jeu du contrôle de respiration. Elle est classée comme paraphilie par le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l'association américaine de psychiatrie.

Méthode

De nombreuses méthodes sont utilisées pour diminuer le niveau d'oxygène dans le sang : la pendaison, la suffocation par placement de la tête dans un sac plastique, la strangulation avec une ligature médicale, l'utilisation de gaz ou de solvants volatiles, la compression de la poitrine ou une combinaison de ces méthodes. [1] Quelquefois, des mécanismes complexes sont mis en place pour arriver à ce but. [2]

Asphyxie érotique avec un masque à gaz et d'un morceau de cuir humide dans un jeu de rôle BDSM.

Dans la communauté BDSM, cette pratique peut être reconnue comme un edgeplay dans le sens où elle repousse les limites de ce qui est reconnu comme des activités «sûres, saines et consensuelles». Ainsi, cette pratique est plutôt apparentée au RACK, c'est-à-dire à une prise de risque consensuelle : les partenaires sont censés être conscients des risques qu'ils prennent et responsables des dangers auxquels ils pourraient s'exposer.

Histoire

Les sources les plus anciennes de cette pratique datent du début du XVIIe siècle. Elle a en premier lieu été utilisée comme traitement de l'impuissance sexuelle et de l'impotence. [3] L'idée de soigner l'impuissance par l'asphyxie vient probablement de l'observation de pendaisons, où les victimes hommes développaient une érection, qui pouvait perdurer après la mort (on parlait alors d'érection post mortem), ou alors aboutir à une éjaculation. Pourtant, ce qui provoque l'éjaculation lors de la pendaison est la relaxation des muscles et ce n'est pas le phénomène recherché par les pratiquants de l'asphyxie érotique.

Risques

Cette pratique peut être dangereuse, même quand elle est pratiquée de manière responsable. En 1995, elle était jugée responsable de 250 à 1 000 morts par an aux États-Unis. [4] Des cas ont aussi été rapportés en Scandinavie[5] et en Allemagne[6], [7].

La mort arrive fréquemment quand la perte de conscience causée par l'asphyxie amène à la perte de contrôle de la strangulation, ce qui fait que l'asphyxie n'est pas interrompue et que la personne décède. Pratiquer l'asphyxie érotique seul augmente les risques[8]. Fréquemment, les victimes avaient prévu un mécanisme de secours qui a lui aussi fait défaut.

Occasionnellemen, le corps de la personne asphyxiophilique est retrouvé nu, avec des magazines pornographiques à proximité, ou alors des vibromasseurs et autres jouets sexuels ou avec la preuve d'un orgasme ayant précédé la mort. [6] Sont découvertes aussi, lors des morts accidentelles, des traces d'autres activités paraphiliques[9] telles que le fétichisme, le cross-dressing et le masochisme. [1]

La grande majorité des morts par asphyxie érotique sont des hommes. Parmi l'ensemble des cas recensés en Ontario et Alberta entre 1974 et 1987, uniquement un sur 117 concernait une femme. [1] Quelques autres femmes ont aussi été retrouvées mortes de la même manière. [10], [11], [12], [13] L'âge moyen de ces morts est le milieu de la vingtaine[1], [14], mais des adolescents ont aussi été retrouvés morts[15], [16], [17]mais aussi des hommes de 70 ans[14], [6].

Des avocats et compagnies d'assurances se sont intéressés de près à ces cas, car des indemnisations peuvent être reversées en cas de mort accidentelle mais pas de suicide. [18], [19], [20]

Morts célèbres

Références

  1. abcd Blanchard R., & Hucker S. J. (1991). Age, transvestism, bondage, and concurrent paraphilic activities in 117 fatal cases of autœrotic asphyxia. British Journal of Psychiatry, 159, 371-377.
  2. O'Halloran R. L. & Dietz P. E. (1993). Autœrotic fatalities with power hydraulics. Journal of Forensic Sciences, 38, 359–364.
  3. Erotic Asphyxiation, 1997
  4. Uva J. L. (1995). Review : Autœrotic asphyxiation in the United States. Journal of Forensic Sciences, 40, 574–581.
  5. Innala S. M. & Ernulf K. F. (1989). Asphyxiophilia in Scandinavia. Archives of Sexual Behavior, 18, 181–189.
  6. abc Janssen W., Koops E., Anders S., Kuhn S. & Püschel K. (2005). Forensic aspects of 40 accidental autœrotic deaths in Northern Germany. Forensic Science Mondial, 147 (Suppl. ), S61–S64.
  7. Koops E., Janssen W., Anders S. & Püschel K. (2005). Unusual phenomenology of autœrotic fatalities. Forensic Science Mondial, 147S, S65–S67.
  8. Autœrotic Asphyxiophilia on Sexinfo website, University of Santa Barbara, Ca.
  9. Bogliolo L. R., Taff M. L., Stephens P. J. & Money J. (1991). A case of autœrotic asphyxia associated with multiplex paraphilia. American Journal of Forensic Medicine and Pathology, 12, 64–73.
  10. Danto, B. (1980). A case of female autœrotic death. American Journal of Forensic Medicine and Pathology, 1, 117–121.
  11. Behrendt N., Buhl N. & Seidl S. (2002). The lethal paraphilic syndrome : Accidental autœrotic deaths in four women and a review of the literature. Mondial Journal of Legal Medicine, 116, 148–152.
  12. Martz D. (2003). Behavioral treatment for a female engaging in autœrotic asphyxiation. Clinical Case Studies, 2, 236–242.
  13. Sass F. (1975). Sexual asphyxia in the female. Journal of Forensic Science, 2, 181–185.
  14. ab Burgess A. W. & Hazelwood R. R. (1983). Autœrotic deaths and social network response. American Journal of Orthopsychiatry, 53, 166-170.
  15. Shankel L. W. & Carr A. C. (1956). Transvestism and hanging episodes in a male adolescent. Psychiatric Quarterly, 30, 478–493.
  16. Sheehan W. & Garfinkel B. D. (1987). Adolescent autœrotic deaths. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 27, 367–370.
  17. Edmondson J. S. (1972). A case of sexual asphyxis without fatal termination. British Journal of Psychiatry, 121, 437-438.
  18. Cooper A. J. (1995). “Auto-erotic asphyxial death : Analysis of nineteen fatalities in Alberta” : Comment. Canadian Journal of Psychiatry, 40, 363–364.
  19. Cooper A. J. (1996). Auto-erotic asphyxiation : Three case reports. Journal of Sex and Marital Therapy, 22, 47–53.
  20. Garza-Leal J. A. & Landrom F. J. (1991). Autœrotic death initially misinterpreted as suicide and a review of the literature. Journal of Forensic Sciences, 36, 1753–1759.
  21. Police probe MP's suspicious death BBC News, 8 Feb 1994
  22. Jœl Selvin, «More Than'The Piano Player'», September 16, 1996
  23. Paula challenges Hutchence verdictBBC News, 10 Aug 1999
  24. National Front member died during sex act Oldham Advertiser, 27 Jan 2005
  25. http ://www. rtlinfo. be/rtl/news/article/246977/--David+Carradine+mort+%C3%A0+cause+d%E2%80%99un+jeu+sexuel

Bibliographie
  • Robert R. Hazelwood, Park Elliot Dietz, Ann Wolbert Burgess : Autœrotic Fatalities. Lexington, Mass.  : LexingtonBooks, 1983.
  • Sergey Sheleg, Edwin Ehrlich : Autœrotic Asphyxiation : Forensic, Medical, and Social Aspects. Tucson, AZ : Wheatmark, 2006.
  • John Money, Gordon Wainwright and David Hingsburger : The Breathless Orgasm : A Lovemap Biography of Asphyxiophilia. Buffalo, New York : Prometheus Books, 1991.

Liens externes

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