Club échangiste

Le club échangiste, tout comme le «sauna libertin», est un lieu de rencontre privé conçu pour la sexualité de groupe entre partenaires majeurs et consentants.



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Pratique sexuelle en groupe - Pratique sexuelle - Monde de la nuit - Boîte de nuit

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Le club échangiste (autrement désigné comme «club libertin» ou «boîte de nuit échangiste»), tout comme le «sauna libertin», est un lieu de rencontre privé conçu pour la sexualité de groupe entre partenaires majeurs et consentants. Intégrant le plus fréquemment les pratiques sexuelles issues de l'échangisme, les clients ont pour principal but de partager des plaisirs de courte durée, tout en sortant de leurs habitudes et en évitant ainsi des relations suivies ou indiscrètes. Quelques clients fréquentent aussi ces lieux pour s'y amuser dans une «ambiance décontractée» sans pour tout autant aller jusqu'à rechercher des rapports sexuels.

Quelquefois influencés par certaines pratiques gay (sauna, backroom, BDSM), énormément de ces clubs paraissent désormais plus proches des boîtes de nuit et par conséquent plus fréquentables que ne l'étaient les lupanars ; cependant, le milieu échangiste fait toujours l'objet d'intérêts financiers et commerciaux importants qui semblent fréquemment en discordance avec l'idéal «libertin» ou alors «libertaire» qu'ils revendiquent.

Entrée d'un club-balnéo gay à Seattle

Diversité des clubs dans le monde

Longtemps secrète, la pratique sexuelle de l'échangisme est désormais mieux tolérée et s'ouvre à d'autres alternatives que le «troc des femmes» qui se substituait à la prostitution et se faisait à l'unique initiative des hommes. Longtemps prohibées comme d'autres pratiques sexuelles minoritaires, les échangistes se retrouvent toujours sur des sites extérieurs où il règne une certaine confusion avec la drague des gay et transexuels, la prostitution et les organisations liées à la pornographie et quelquefois même à la drogue. Cet amalgame systématique dans les lieux publics (forêts, plages…) se retrouve rarement dans les clubs privés.

En Amérique du nord

Aux Etats-Unis ou au Canada, plusieurs clubs existent pour accueillir les échangistes et ce style de vie apparait non seulement comme une distraction sexuelle mais également comme une activité sociale tournée vers l'idée de réseau. Des organisations de type association se chargent de trouver les lieux échangistes en louant un bar ou une boîte de nuit une ou deux fois par semaine pour leurs membres. Ces locations peuvent se faire dans les banlieues ou les grands espaces industriels qui resteraient autrement fermés ou vides lorsque les bureaux ferment pour la fin de semaine.

Une fois que les membres du club ont réservé un établissement, s'organisent alors des soirées «on-premise» ou «off-premise» - suivant qu'on autorise les activités sexuelles «sur place» (dans un coin de l'établissement réservé seulement aux membres du club) ou qu'elles se passent «en dehors», le lieu ne servant tandis qu'aux rencontres des partenaires sans aller jusqu'aux rapports sexuels. Quelle que soit la situation, ces soirées sont fréquemment réservés aux couples et tolèrent seulement les femmes seules mais bien plus rarement les hommes seuls qui paient des frais d'adhésion bien plus élevés.

En Europe

Dans les pays principalement du nord de l'Europe, où ces pratiques sont plus communes, il existe des clubs le plus souvent associés à un sauna, dit «swingers» (suivant l'appellation américaine) et dédiés en permanence à l'échangisme. Au contraire de l'Amérique du Nord, ces clubs ne sont pas des lieux provisoirement réservés à des rencontres multiples mais bien des lieux où des individus partagent sur place des activités sexuelles.

La France a adopté une législation suffisamment souple pour ne plus confondre le proxénétisme avec la gestion d'un club échangiste et , depuis une dizaine d'années, les ouvertures d'établissements de loisirs sexuels se multiplient (article 225 du Code pénal). La France regroupe ainsi la majorité des clubs européens qui sont évalués à un demi-millier ; le site du Cap d'Agde peut même être reconnu comme la capitale européenne du sexe avec sa cinquantaine de boutiques, restaurants, bars, clubs ou saunas spécialisés. Bienheureusement, les pratiques sur ce site sont strictement réservées aux «adultes consentants» et n'intègrent pas des phénomènes comme la prostitution d'adolescents ou d'enfants à l'origine du tourisme sexuel dans certains pays d'Afrique, des Caraïbes, d'Asie, de l'est de l'Europe ou d'Amérique du Sud.

L'ambiance et la clientèle

Au même titre que d‘autres clubs privés, les clubs échangistes ont des ambiances et des usages assez variables suivant la volonté et l'imaginaire du responsable de l'établissement : certains se fondent sur un élitisme financier et/ou physique, d'autres se veulent au contraire plus populaires. Une bonne majorité conserve cependant les schémas culturels de la boîte de nuit et de la pornographie avec des spectacles et équipements évoquant les vidéos pornographiques - d'autres se saisissent d'ambiances plus intimes ("lounge" bar, balnéo), ou alors (tantrisme, BDSM, …) se rattachant ponctuellement à la culture gay.

Les clubs se différencient par leur qualité de prestations, leur surface, leur lieu d'implantation, leur hygiène, et évidemment les prix d'entrée qui vont surtout déterminer les particularité de la clientèle (différentiation des tarifs pour femme, couple, homme). Les plus grands établissements accueillent des centaines de personnes le samedi soir, tandis que de nombreux petits clubs sont assez réservés aux habitués ou quelquefois déserts en semaine. Si le nombre de clients figure un «choix» plus important, il n'est pas obligatoirement dit qu'il y a plus d‘activités.

L'organisation des espaces

Proliférant depuis la fin des années 1960, les clubs échangistes sont complètement conçus pour les pratiques tournant autour de la sexualité de groupe. Ils se divisent le plus souvent en deux espaces : les premiers facilitant un premier contact de rencontre ("lounge", bar, piste de danse, restaurant) ou une approche plus ciblée (salon de massage, bains, douches, sauna, jacuzzi…), et les seconds destinés aux activités sexuelles (alcôves, isoloirs, chambres).

Dans ce dernier espace, quelquefois surnommé «coin câlin», on découvre le long de couloirs assez sombres des pièces (ouvertes ou fermées) et équipées pour des relations sexuelles sur un sofa ou un lit avec matelas couverts de sky ou de draps. Ces «cellules» sont plus ou moins grandes et peuvent disposer de différents équipements, quelquefois de fenêtres (donnant sur les couloirs), miroirs, croix de Saint-André et diverses machines se rattachant aux clichés du sado-masochisme. La mise à disposition de préservatifs dans ces pièces est un gage de qualité pour l'établissement.

Si certains clubs facilitent les discussions en s'appuyant sur l'alcool et les ambiances festives, d'autres ont tendance à développer au maximum les espaces consacrés aux échanges sexuels (par exemple les «saunas»).

Les usages et le consentement

En général, les règles de base des communautés échangistes reposent sur le consentement réciproque - condition sine qua non de la légalité de l'établissement. On trouvera par conséquent des restrictions à respecter impérativement sous peine d'être expulsé :

  • l'interdiction des attouchements sans consentement (signe de tête, regard, geste),
  • la compréhension des refus verbaux («non veut dire non») sans avoir à se justifier,
  • le port systématique du préservatif (en général distribué gratuitement),
  • l'interdiction de la prostitution et de la drogue (cause de fermeture d'un club),
  • la discrétion - ou l'anonymat - ce qui peut paraître évident.

Vers une typologie de la clientèle

L'actrice de films pornographiques appelée Célia Vega a publié dans un guide de référence pour les échangistes[1] une typologie des clients dans les clubs où on peut reconnaitre certains préjugés issus de la culture hétérosexuelle et pornographique :

  • Les partouzeurs n'ayant pas de limites
  • Les mélangistes se limitant aux flirts
  • La soumise obéissant aux ordres de son mari
  • Le couple trioliste cherchant un seul partenaire
  • Le cheval de Troie s'immisçant dans l'intimité d'un couple
  • Les paumés refusant les codes et les pratiques
  • Les chiens de faïence regardant avec mépris les autres
  • Les je-m'en-foutistes qui ne cherchent rien
  • Les fashionnista voulant juste montrer leurs habits
  • L'hésintante qui aimerait trouver ici un psychanalyste !

On remarquera dans cette liste une différenciation importante suivant les sexes : celle-ci est particulièrement présente dans les clubs - à commencer par les tarifs d'entrée où on cherche à décourager les hommes seuls tout en offrant l'entrée aux femmes (quoiqu'il existe aussi des soirées à thème où le nombre de d'hommes est assez élevé pour faciliter les «gang bang»). Quoiqu'il en soit, l'âge et le physique des hommes célibataires est déterminant vis-à-vis d'un éventuel refus à l'entrée.

Du «dress code»

L'esprit libertin propose en principe de se sentir à l'aise et d'être soi-même, néenmoins cette liberté se réduit vite aux tenues dites sexys s'amalgamant toujours avec les clichés issus de la prostitution ; qui plus est , si la liberté est totale pour les hommes, certains vêtements sont le plus souvent imposés aux femmes comme des évidences (jupe courte) tandis que d‘autres sont fréquemment interdits (pantalon).

Il se développe aussi une mode dans l'univers échangiste, fréquemment liés aux pratiques, plutôt pour les femmes que pour les hommes. Certaines soirées sont même l'occasion d'organiser des défilés consacrés à ces différentes tenues, il existe aussi des thèmes vestimentaires où on reconnaîtra la majorité des clichés issues de la pornographie : infirmière, sexy blanc ou noir, secrétaire, bonne, soumise, cuir, …

Des fantasmes hétéronormatifs

Article détaillé : échangisme.
Articles connexes : sexualité de groupe et position sexuelle.

Initialement associés à l'échangisme, s'expriment désormais dans les clubs l'ensemble des pratiques sexuelles, certaines n'impliquant pas de rapports comme l'exhibitionnisme ou le voyeurisme, d'autres posant des limites comme le mélangisme et le triolisme, d'autres enfin plus poussées (partouze). Ces rencontres peuvent s'apparenter à une ouverture physique vers des corps différents, et seulement pour le plaisir. D'aucuns prétenderont qu'il n'y a pas de risque pour le couple uni, mais au contraire la possibilité d'apprendre de nouvelles pratiques sexuelles, ou alors de découvrir les plaisirs secrets de la sexualité de groupe.

Malgré tout, la culture pornographique masculine hétérosexuelle s'insère indéniablement dans les fantasmes, les tenues et les pratiques des clients. Pour un homme, le fait d'avoir deux femmes est tellement répandu qu'on trouve bien plus de couples cherchant des femmes seules que des femmes acceptant de se prêter au jeu. Pour énormément de couples, l'échangisme se réduit en conséquence à la possibilité de «prêter» sa femme pour en rencontrer une autre. L'autre cliché qui en résulte est la possibilité de faire évoluer la sexualité de la femme du couple. De nombreuses femmes ont des pratiques bisexuelles en club tandis que particulièrement peu en avaient jusque là. À l‘opposé, presque aucun homme ne se découvre bisexuel : le pas est en effet particulièrement grand pour ces messieurs entre l'image «tombeur» connaissant la mécanique des femmes et la possibilité d'être un homosexuel. Ces clubs sont aussi l'ocassion pour les femmes d'avoir des pratiques sexuelles avec deux (voire plus) hommes simultanément, situations qu'elles ne vivent pas autrement.

Ce gouffre est probablement le plus révélateur des comportements le plus souvent exprimés au sein de ces clubs : maintenir coûte que coûte la structure sociale du couple ou alors la suprématie masculine[2]

Attention aux MST (SIDA)

La «capote» limite les risques et peut former une bande servant au cunnilingus si on la coupe en 2.
Article détaillé : maladies sexuellement transmissibles.

Au contraire de une rumeur laissant accroire le contraire, ces lieux sont fréquentés par des populations ayant une très forte susceptibilité d'avoir contracté des maladies sexuellement transmissibles - y compris le SIDA -. C'est pourquoi il est recommandé d'utiliser des préservatifs pour tous rapports (buccal, vaginal ou anal).

Bibliographie

  • Delphine Casse (sous la direction de ), France coquine …et Belgique, 2007-2008, guides Petit Futé.
  • Thierry Demessence, Libertin (e) actuellement : Mélangistes, échangistes, bisexuels, qui sont-ils ?, Éditeur : De mes sens, 2004. (ISBN 2952162506)
  • Richard Veille, Amours plurielles : échange, mélange et autres pratiques... , éditions Blanche, 2007. (ISBN 2846281610)
  • Daniel Welzer-Lang, La planète échangiste : les sexualités collectives en France, Éditions Payot & Rivages, Paris, 2005. Résultats d'une enquête sociologique dans les lieux échangistes. (ISBN 2-228-89976-3)

Notes et références

  1. cf. Delphine Casse, Guide de la France coquine, op. cit., p. 12-18.
  2. cf. Daniel Welzer-Lang, La Planète échangisteop. cit.

Liens externes

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