Zoophilie

La zoophilie, du Grec ancien ζωον et φιλία, est l'attirance sexuelle d'un être humain pour un ou plusieurs animaux. Elle est peut-être affective, étymologiquement parlant.



Catégories :

Attirance sexuelle - Pratique sexuelle - Paraphilie - Sexologie

Définitions :

  • zoophile - Qui éprouve une attirance sexuelle envers les animaux; En rapport avec la zoophilie, qui concerne la zoophilie; Qui aime les animaux, ou qui... (source : fr.wiktionary)
  • (gr. zôon, animal; philie). * Amour exagéré pour les animaux. * Caractère des insectes piqueurs zoophiles. Zoophilie de Glossina morsitans. * Voir bestialité. (source : nzdl.sadl.uleth)
  • Zoophile Psychiatrie psychologie - N. f. * zoo : du grec zôo, zôon [zoo-, zoaire, -zoïsme], être vivant, animal ; * philie : du grec philos... (source : georges.dolisi.free)
Lithographie de Paul Avril (Sodomie d'une chèvre faite par un Ancien Grec)


La zoophilie, du Grec ancien ζωον (zôon, «animal») et φιλία (philia, «amitié» ou «amour»), est l'attirance sexuelle d'un être humain pour un ou plusieurs animaux[1]. Elle est peut-être affective, étymologiquement parlant.

Généralement reconnue comme une déviance ou une perversion sexuelle, elle devient véritablement une paraphilie si elle remplit ces critères ; quoiqu'elle ne soit plus listée depuis 1980 dans le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM), la référence américaine et mondiale psychiatrique en matière de pathologies mentales.

Apparu au XIXe siècle, le mot zoophilie provient de racines grecques. Il était jadis connu sous le nom de «bestialité». Actuellement ce terme est fréquemment utilisé pour désigner le passage à l'acte sexuel effectif qui peut découler d'une attirance zoophile. On parle aussi d'«actes zoophiles».

En France, depuis 2004[2], la zoophilie est réprimée. La Cour de Cassation a confirmé, le 4 septembre 2007, un arrêt de la Chambre correctionnelle de la Cour d'Appel de Dijon du 27 janvier 2006, condamnant un individu à un an d'emprisonnement avec sursis mais aussi d'une interdiction définitive de détenir un animal. [3]

Références historiques

On trouve des références à la zoophilie autant dans les peintures rupestres que dans d'anciennes sculptures. Voici un exemple d'un bas relief en Inde. Ces bas reliefs sont là à titre éducatif envers les jeunes hindous. (lien : http ://dogmatique. kanak. fr/-f2/-t45. htm)

La plus fameuse semble être l'impératrice byzantine Théodora (vers 500 - 548) qui s'adonnait à des scènes bestiales dans certaines bacchanales. Cependant, la véracité de ces allégations semble particulièrement sujette à caution.

«Les Mille et Une Nuits» font état de deux scènes manifestes de zoophilie.

Le roman latin L'Âne d'or d'Apulée évoque aussi une scène où une femme s'accouple avec un âne.

En France, en 1601, jugeant en appel, le Parlement de Paris condamnait à mort Claudine de Culam, née à Rozay-en-Brie, âgée de 16 ans, domestique chez Monsieur le Prieur de Reverecourt depuis quatre ans, «bien et dûment atteinte et convaincue d'avoir eu habitation charnelle avec un chien blanc tacquis de roux». Dans ce cas, les magistrats — à la demande expresse de la mère qui était sûre de l'innocence de sa fille — acceptèrent une étude scientifique et pragmatique.

Claudine, qui avait été surprise selon des témoins en état «d'habitation charnelle» avec un chien a été emmenée devant une cour composée seulement de femmes ayant le statut d'«expert», dans une chambre adjacente à la cour d'appel. Le chien la rejoignit dans cette pièce. Le comité fit déshabiller la jeune fille pour l'examiner en quête d'éventuelles griffures, mais immédiatement le chien, sans attendre d'avoir été invité, lui sauta dessus et la prit en levrette. «Une relation sexuelle s'est produite et nous avons dû intervenir» a rédigé le collège d'experts dans leur son officiel. Sur les bases des témoignages et de ce rapport, le chien et la jeune fille ont été étranglés et leurs corps brûlés, leurs cendres jetées aux vents pour qu'il ne reste rien de cet accouplement.

Terminologie

Le terme général Zoophilie a été introduit, pour la première fois, dans le sujet de la recherche sur la sexualité par Richard Freiherr von Krafft-Ebing, dans son ouvrage Psychopathia Sexualis, en 1886. En sexologie, psychologie, et en langage familier, ce terme a une large signification, telles que, l'affinité, l'affection, ou bien l'attraction sexuelle pour un partenaire non-humain. Ce terme se réfère à l'attraction sexuelle envers les animaux, et , moins fréquemment, à la paraphilie du même nom.

Le terme Zoosexualité sert à désigner la totalité du spectre des émotions, des attractions sexuelles, ou des orientations sexuelles envers les animaux. Le terme zoosexuel (utilisé pour : personne zoosexuelle, et acte zoosexuel), est utilisé depuis les années 1980 (mais n'est guère utilisé en français).

Les individus ayant une forte affinité envers les animaux, mais sans attirance sexuelle, peuvent être qualifiés de zoophiles «non-sexuels» (ou «émotionnels»), mais peuvent rejeter le terme zoophile. Ces personnes sont plus fréquemment appelées : Amoureux des animaux.

Le terme ambigu sodomie était utilisé jadis pour désigner les actes sexuels non procréatifs.

Le terme Bestialité sert à désigner les actes sexuels entre humains et animaux. Ce terme n'implique pas par lui-même la motivation ou l'attitude.

Pour les zoophiles, et certains chercheurs, le terme bestialiste a acquis une connotation négative, impliquant un désintérêt pour les besoins et les émotions de l'animal. Cette connotation trouve son origine dans le désir de certains zoophiles d'établir une distinction claire entre la zoophilie, une orientation sexuelle à part entière, et le simple acte sexuel avec un animal. D'autres se distinguent zoophile ou bestialiste suivant la définition du dictionnaire.

Le terme Zoosadisme se réfère à la torture et la douleur infligées à un animal dans l'objectif d'obtenir un plaisir sexuel. Ce terme inclut aussi les abus sexuels pratiqués sur les animaux.

Aujourd'hui

Les différentes études réalisées par différents spécialistes des mœurs sexuelles (surtout le rapport Kinsey USA 1950 pour les femmes) indique qu'une population d'environ 4% à 7% a eu au moins une fois un rapport sexuel avec un animal aux États-Unis.

En 1969, Linda Lovelace, célèbre actrice pornographique, avait participé au premier film commercial zoophile vendu sur les différents continents.

En 1973, Nancy Friday dans My Secret Garden affichait haut et fort certains fantasmes féminins zoophiles et soulignait que le passage à l'acte est plus courant qu'on pourrait le soupçonner.

En 2001, Marjorie Knoller, avocate à Los Angeles, a été mise en examen : son chien avait tué sa voisine âgée de 33 ans. Les perquisitions menées chez elle ont conduit à la découverte de photos montrant son chien et elle en plein acte : elle a été ouvertement accusée de bestialité.

En 2005, Mr Hands, habitant à Enumclaw, Washington, USA, décède d'une hémorragie interne suite à la perforation du colon du à une relation avec un étalon.

La zoophilie est souvent perçue comme un vice, une perversion ou une déviance. Elle fut longtemps reconnue comme déviance tout comme la sodomie. Pour certaines législations actuelles, elle n'est reconnue comme illégale que lorsqu'elle s'accompagne d'actes de cruauté envers l'animal.

Internet a donné à la zoophilie un essor nouveau qui l'a fait sortir de la clandestinité pour être beaucoup exploitée par une industrie pornographique. Le tabou et l'interdit ont donné à l'industrie pornographique un marché où certaines actrices ne jouent qu'avec des animaux.

Distinction entre zoophilie et bestialité

La Bestialité est définie comme «perversion sexuelle, relations avec des animaux»[4]. À savoir qu'il s'agit de personnes dont l'unique intérêt est sexuel.

La zoophilie est définie comme «Attachement excessif pour les animaux»[5]. Ici, l'individu porte une telle passion, admiration, pour les animaux qu'il en ressent une attirance sexuelle (mais sans nécessairement passer à l'acte).

Le zoophile est décrit comme suit : «personne qui manifeste ou relève de l'intérêt, de l'amour pour les animaux»[6].

Certains zoophiles font une distinction particulièrement claire entre les zoophiles et les bestialistes, les premiers étant ceux qui aiment les animaux, les seconds étant ceux qui ont des relations sexuelles avec des animaux sans ressentir la moindre attirance émotionnelle envers les animaux.

Certains zoophiles n'ont des relations sexuelles seulement avec des animaux et ne montrent aucun intérêt pour les humains, ils sont quelquefois nommés «zoophile exclusif».

La communauté zoophile

Il existe une communauté zoophile, et les zoophiles se rassemblent aussi en petits groupes particulièrement unis.

Il existe une forme d'éthique des zoophiles : le ZETA (quelquefois reconnue comme extrémiste).

ZETA : Zoophiles for the Ethical Treatment of Animals (en français : Zoophiles pour le Traitement Éthique des Animaux)

Il existe un symbole ZETA «ζ» (le Z grec dans un cercle).

Le sigle ZETA

Législations

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En Prusse

Frédéric II, qui n'aimait ni les bêtes ni les femmes, aurait aboli ce crime selon Voltaire :

«Quelques juges de province voulurent faire brûler je ne sais quel pauvre paysan accusé par un prêtre d'une intrigue galante avec son ânesse : on n'exécutait personne sans que le roi eût confirmé la sentence, loi particulièrement humaine qui se pratique en Angleterre et dans d'autres pays ; Frédéric écrivit au bas de la sentence qu'il donnait dans ses États liberté de conscience et de v...» Voltaire, Mémoires pour servir à la vie de M de Voltaire, rédigés par lui-même (composés en 1759, publiés uniquement en 1784. )

En France

Le Code pénal de 1791, promulgué par la Constituante, a aboli les crimes de sodomie et de bestialité, grâce, surtout, aux positions des pénalistes classiques (Beccaria, Bentham... ) et de manière complètement conforme à la Déclaration de 1789 que la même Assemblée avait proclamé : la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui (art. 4). La laïcisation du droit et la pensée libérale des révolutionnaires a conduit à dépénaliser les comportements homosexuels et zoophiles. Napoléon, dans son Code pénal de 1810, a confirmé cette dépénalisation. Au cours des XIXe et XXe siècle, les juridictions pénales ont pu condamner des actes zoophiles violents, sur le fondement des actes cruels ou des mauvais traitements envers les animaux de compagnie ou apprivoisés.

Jusqu'en mars 2004, aucune loi ne punissait la bestialité sauf dans le cas où l'animal subissait des sévices graves. La loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, ajoute la précision «ou de nature sexuelle» à l'article 521-1 du code pénal :

«Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves ou de nature sexuelle ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. À titre de peine complémentaire, le tribunal peut interdire la détention d'un animal, à titre définitif ou non.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux quand une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.

Est punie des peines prévues au premier alinéa toute création d'un nouveau gallodrome. Est aussi puni des mêmes peines l'abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, à l'exception des animaux destinés au repeuplement[7]

L'amendement est adopté à l'unanimité tant à l'Assemblée qu'au Sénat[8].

Jurisprudence

La première application de cette loi remonte au 4 septembre 2007 : un homme a été condamné à un an de prison avec sursis, interdiction définitive de posséder un animal et 2000 € d'amende pour avoir sodomisé son poney.

L'arrêté précise que :

«[... ] qu'en l'espèce, en violation du principe d'interprétation stricte de la loi pénale, la cour d'appel a déduit l'existence de sévices de nature sexuelle du seul acte de sodomie, sans avoir aucunement constaté la violence, la brutalité ou les mauvais traitements avec lesquels le prévenu aurait commis l'infraction ;

Attendu qu'en déclarant, par les motifs reproduits au moyen, Gérard X... coupable de sévices de nature sexuelle envers un animal, délit prévu par l'article 521-1 du code pénal, dans sa rédaction issue de la loi du 9 mars 2004, la cour d'appel a justifié sa décision ;

Qu'en effet, des actes de pénétration sexuelle commis par une personne sur un animal forment des sévices de nature sexuelle au sens dudit texte ; [... ]»

En Suisse

Les articles 135 et 197 du code pénal interdisent la diffusion et la possession (depuis 2001) de pornographie ou de scènes de violence impliquant des animaux.

Au Royaume-Uni

La loi sur les crimes sexuels de 2003 interdit la pénétration du vagin ou de l'anus d'un animal vivant par le pénis d'une personne, cette loi prohibe aussi l'introduction du pénis d'un animal vivant dans le vagin ou l'anus d'une personne. Les contrevenants peuvent être condamnés à des peines de prison n'excédant pas 2 ans. Texte de cette loi sur le site de l'Office of Public Sector Information : http ://www. opsi. gov. uk/acts/acts2003/ukpga_20030042_en_5#pt1-pb18-l1g69

Au Canada

L'article 160 (1) du Code Criminel, partie V, interdit la zoophilie en ces termes : «Est coupable soit d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de dix ans, soit d'une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, quiconque commet un acte de bestialité.»

L'article 160 (2) prévoit la même peine pour toute personne qui en force une autre à commettre un acte de bestialité.

L'article 160 (3) prévoit la même peine pour une personne qui commet cet acte devant un enfant agé de moins de quatorze ans.

Texte original en français ici

Mythe et religion

Le cas le plus célèbre de zoophilie dans la mythologie grecque est celui de l'accouplement de Pasiphaé, la femme de Minos, avec un taureau blanc, donnant naissance au Minotaure.

Dans certaines religions, comme la majorité des monothéismes, les relations sexuelles avec les animaux sont prohibées, ou alors punies de mort. C'est ainsi qu'on trouve dans la Bible, (Lévitique)  :

Dans les médias

Bibliographie

Notes et références

  1. Zoophilie - Dictionnaire de Psychologie
  2. Article 50 de la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004
  3. Cour de Cassation, Chambre criminelle, Audience publique du 4 septembre 2007, N° de pourvoi : 06-82785
  4. Dictionnaire Larousse, ed. 2005
  5. Dictionnaire Larousse, ed. 2005
  6. Dictionnaire Larousse, ed. 2005
  7. Loi nº 94-653 du 29 juillet 1994 art. 9 Journal Officiel du 30 juillet 1994 Loi nº 99-5 du 6 janvier 1999 art. 22 Journal Officiel du 7 janvier 1999) Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002 Loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 Journal Officiel du 10 mars 2004
  8. ompte-rendu de séance, sur le site de l'Assemblée nationale : http ://www. assemblee-nationale. fr/12/cri/2003-2004/20040081. asp#PG7

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 05/08/2009.
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